UN EPILOGUE N’EST PAS UN PRODROME

19 juillet 2020 1dex.ch Stéphane Riand

Le Nouvelliste, qui réussit l’exploit de ne mentionner dans son dernier article récapitulatif sur le Verbiergate, ni le nom de l’auteur du premier texte paru à ce sujet, Julien Wicky (cf. illustration), ni celui de l’employé communal qui a déposé sur le bureau présidentiel 14 dossiers significatifs, Gabriel Luisier, ni le rôle majeur de L’1Dex et de son feuilleton presque quotidien dans l’évolution de l’affaire, évoque l’ÉPILOGUE de la chose : une modalité du déni qui a saisi toute la classe politico-institutiinnelle valaisanne, qui a voulu fermer les yeux sur l’un des scandales institutionnels majeurs de l’histoire contemporaine valaisanne.

Lorsque des hommes sont prévenus dans une procédure pénale, un chroniqueur judiciaire pourrait faire référence tout au plus à l’existence d’une préface ou d’une introduction explicative, en tous les cas pas à un épilogue, dont l’emploi singulier laisse penser une fois de plus que ce journal n’est devenu qu’un agent de communication du ministère public central valaisan, avec lequel il entretient des relations si amicales que tous les dérapages de la justice pénale sont tout simplement occultées, travesties ou détournées.


En l’espèce, les inculpations, au stade de la simple prévention, ne concernent que cinq personnes impliquées dans le champ communal, dont l’une, l’ancien président Christophe Dumoulin, bénéficiera selon L’1Dex du bénéfice du doute, puisque son rôle réel est de nature tout à fait différente de celui de son successeur, Eloi Rossier, embourbé jusqu’au cou pour ne pas avoir voulu suivre les délicats conseils que lui prodiguait déjà en avril 2016 un employé communal qu’il a licencié, puis L’1Dex dans plusieurs de ses articles, ni moins encore les propositions émises il n’y a pas longtemps par le médiateur, Me Jean Gay, dont la sagesse eût pu et dû ne pas être ignorée par la commune de Bagnes.


Ces mises en examen de dominants communaux seront inéluctablement suivies à notre sens d’au moins deux inculpations d’architectes, coupables d’avoir obtenu des autorisations de vente à des personnes domiciliées à l’étranger en produisant de faux plans à l’autorité qui délivrait les autorisations.


Devront aussi, dans un État de droit, être inculpés plusieurs chefs de service de l’administration cantonale, dont à l’évidence, à mon sens, Maurice Chevrier, dont les actes et les omissions s’apparentent à des abus d’autorité caractérisés. Je rappelle ici simplement l’épisode proprement phénoménal de la clef USB « oubliée », incluant sa récusation et son déni subséquent. Ce rôle clef de l’institution cantonale avait été déjà mis en lumière par Me Claude Rouiller, ancien juge fédéral. L’institution cantonale est également impliquée dans le champ de la LFAIE et dans celui des vérifications ultérieures effectuées par une commission ad hoc, parfois si peu curieuse que l’on ne peut que s’interroger sur les objectifs réellement recherchés par ces hauts fonctionnaires.


Il n’est pas exclu encore que certains édiles communaux ne figurent pas aussi dans la charrette finale, accompagnés d’au moins un élu cantonal, à moins que celui-ci ne soit épargné aussi par la bienveillance à son égard du procureur cantonal.


On comprend ainsi que Le Nouvelliste, grand protecteur de la dominance politique orange, veuille faire croire aux électeurs communaux et cantonaux que le Verbiergate est une histoire devant conduire rapidement à un épilogue, alors même que ces dossiers pourriront la prochaine législature si des décisions hautement symboliques ne sont pas prises avant l’automne.


En ce 19 juillet, jour de mon anniversaire, il n’est pas interdit aux citoyens valaisans de remercier L’1Dex d’exister et de fournir souvent en libre accès des informations que la Troika médiatique (NF, CANAL9 et RHÔNE FM) se garde de mettre en lumière, trop attachée à enterrer le journalisme indépendant de crainte de perdre leurs sources de financement. S’abonner à L’1Dex ce 19 juillet est un acte citoyen de soutien à quelque chose, je crois, d’important dans une Cité.


Bonjour à tous ceux qui m’ont déjà souhaité un joyeux anniversaire. Béatrice et mes deux dernières filles ont déniché dans une brocante une surprise que je vais découvrir ici en Catalogne ce matin et qui pourrait mériter plus tard une illustration à La Une. On n’a rien voulu m’en dire : j’ai imaginé la statue d’un plaideur écouté. On peut rêver, non, un jour de fête ?