Melly La honte

27 septembre 2020, Stéphane Riand

27 septembre 2020, Stéphane Riand

Deux services de l’Etat du Valais ont choisi de couvrir les activités mafieuses de la très riche commune de Bagnes

LA HONTE 

Le Nouvelliste est un média de grand chemin qui a décidé depuis longtemps de faire siennes les volontés du pouvoir sans trop s’accrocher à la véracité des faits. Outil de communication, feignant l’information, commentant avec une grande parcimonie les acrobaties du pouvoir, il dispense à la population avec une régularité qui force le respect des articles qui, utilisés avec délicatesse, pourraient être des textes de référence pour que les étudiants des écoles de journalisme s’imprègnent de ce contre quoi ils doivent impérativement lutter pour préserver le métier honorable de journaliste.

Le dernier exemple en date m’a été transmis par Anaximandre avec ce seul commentaire : « c’est incroyable ». Après avoir rapidement parcouru cette pure merveille de manipulation des citoyens, j’ai interrogé Gabriel Luisier, l’Ours du Châble, pour connaître son opinion. Il m’a dit : « c’est effarant ». Plus tard, il m’a lu la lettre qu’il avait adressée à Jacques Melly, le Chef du Département de l’Environnement, le président du Groupe de Travail sur le Verbiergate, je lui ai proposé de la publier in extenso sur son compte facebook; croyant dans les vertus des institutions, il m’a répondu : « ce n’est pas encore le moment ». Mais, je vous le dis, chers lecteurs, cette correspondance doit entrer dans l’histoire du Valais, en y accompagnant le Verbiergate de L’1Dex.

Voici l’article signé par Alexandre Beney :

LE RAPPORT DE LA COGEST DIVISE LES DEPUTES

Je ne vais pas le décortiquer et le commenter, laissant les lecteurs cliquer sur l’un ou l’autre des articles du Verbiergate parus à L’1Dex pour qu’ils saisissent la différence entre une manipulation de bas étage et une opinion assumée et calibrée par la véracité des faits. A vous, lecteurs, de faire la différence.

Mais, je ne peux m’empêcher de citer une seule phrase de cet article, qui n’est pas celle du journaliste, mais celle de l’homme politique, Jacques Melly, dont on ne sait plus trop s’il est vraiment fatigué, après 11 ans de pensum au Conseil d’Etat, ou s’il pense vraiment ce qu’il dit : « Le fait que ce rapport fuite dans la presse avant même d’avoir été transmis aux députés est inacceptable. Il s’agit d’un manque de respect des institutions ».

En ces temps de domination des réseaux sociaux, de hacking, de lanceurs d’alerte, de fuites organisées par le pouvoir lui-même, je ne vais pas disserter sur le caractère bon ou mauvais des fuites dans la presse et du caractère acceptable ou non de tels événements récurrents, répétés et organisés.

En revanche, je vais m’insurger contre l’évocation du « respect des institutions » par Jacques Melly, car nous atteignons là l’Everest de la comédie politique, celle qui provoque l’éloignement des citoyens de la vie politique et qui jette le discrédit sur l’ensemble des institutions.

Je le dis d’emblée : le manque de respect des institutions est le fait de Jacques Melly lui-même, assurément pas de ceux qui ont choisi de transmettre à Julien Wicky du Matin Dimanche un document officiel de grande importance qui devrait être connu de chaque citoyen.

Jacques Melly, c’est cet homme, orange par conviction ou par opportunité, qui a exercé pendant trois législatures la fonction de conseiller d’Etat en Valais. A ce titre, il a appartenu aux deux pires gouvernements de l’histoire valaisanne. Sous son règne partagé, les affaires ont surgi à travers toutes les interstices du pouvoir. Je ne vais pas même les désigner, renvoyer le citoyen à la lecture de L’1Dex du 1er mai 2011 à ce jour.

En revanche, je vais tout de même mettre en exergue le rôle majeur, personnel, intime, de Jacques Melly dans des scandales qui sont les siens :

A. Le Lonzagate

Je renvoie le lecteur à tous les articles portant sur le Lonzagate (cliquer ici, notamment).
Je suis convaincu que Joël Rossier est prêt à apporter des compléments d’information appropriés sur la chose.

B. Le Verbiergate

Jacques Melly, qu’il le le veuille ou non, a été le président du Groupe de Travail constitué en lien avec les affaires des constructions illicites de Verbier. Il est le premier responsable du refus de prendre acte des agissements illicites commis par le président et le secrétaire oranges de Bagnes (cliquer ici).

C. L’Affaire Maurice Chevrier

Maurice Chevrier, l’ancien conseiller national PDC, est certes sous le « contrôle » de l’apprenti de quatrième année de Vétroz. Mais Maurice Chevrier faisait aussi parti du Groupe de travail dans l’affaire des constructions illicites de Verbier. Les agissements inqualifiables de Maurice Chevrier ont été tout simplement ignorés par Jacques Melly, son camarade de parti (cliquer ici). Probablement s’agit-il ici de la nécessité de respecter les institutions !

D. L’Affaire Sergio Biondo

Sergio Biondo est certes le subordonné de Roberto Schmidt. Mais il est aussi et surtout dans l’affaire des constructions illicites de Verbier un membre influent des groupes de travail sur le Verbiergate. Jacques Melly a connu les agissements inqualifiables de Monsieur Biondo dans le champ du respect de la LFAIE. Jacques Melly, certainement pour protéger et respecter les institutions, a choisi de protéger Sergio Biondo (cliquer ici).


Après de tels foutages de gueule, l’irrespect crasse des institutions n’est pas qu’un homme, fut-il membre de la COGEST, ait choisi d’adresser à un journaliste un rapport sur le Verbiergate, l’irrespect crasse des institutions est le fait d’un Conseiller d’Etat qui ose invoquer le respect des institutions qui ont été manipulées, instrumentalisées et salies par des membres de son clan sans qu’il ne songe qu’en sa qualité d’homme d’Etat il eût dû le premier s’inscrire contre ces pratiques délétères pour la démocratie.
Jacques Melly a donc décidé de quitter le Conseil d’Etat et d’entrer dans l’histoire du Valais en devenant le premier pourfendeur de nos institutions. Je n’ose imaginer que nos députés, nos magistrats, nos concitoyens approuvent cette lâcheté.


Oui, avec Anaximandre, avec l’Ours du Châble, j’ose résumer : « C’est incroyable, c’est effarant, c’est effrayant ! ».
Bonjour à tous les amis de l’Etat de droit et de la démocratie !
 
Post Scriptum : l‘un de mes premiers lecteurs, appelons-le Harry Styles, m’a envoyé ce message sur whatsapp, que je recopie parce qu’il en vaut la peine :

« Si tu ne veux pas décortiquer l’article je te conseille cependant de t’arrêter sur une autre phrase, en Une, dans le chapeau et dans le corps du texte qui affirme péremptoirement que la CoGest conclut «que le Conseil d’Etat n’a pas consciemment failli à son devoir de surveillance.» Ça aussi, c’est effarant.
Parce que j’ai lu quatre fois le rapport de la CoGest et je n’ai rien trouvé de tel. La seule phrase un peu atténuante au milieu de 28 pages de distribution de baffes est celle-ci: «Le Conseil d’Etat a pris son devoir de surveillance au sérieux. » Je ne sais pas toi, mais parfois j’ai beau prendre les choses au sérieux, ça ne veut pas dire que je les fais correctement. »

Et Harry Styles d’ajouter dans un autre message :

« Quant à la phrase de Melly sur la fuite, elle aurait un peu de sens si le rapport avait fuité au milieu des travaux. Mais là on parle d’une version définitive adoptée à l’unanimité (!) publiée 3 jours avant son envoi officiel aux députés.
Mais les communicants le savent; avoir l’avantage de la communication est souvent bien plus important que le fond du dossier lui-même. »