Episode 9 : le menteur et le révélateur
L’analyse de la qualité de la presse doit passer par la détermination des sources fondant le contenu d’un article. Il faut aussi s’interroger : qui parle ? d’où parle-t-il ? que recherche-t-il ?
Le Nouvelliste, le Valais l’a compris assez bien, n’est plus un organe de presse, qui informe, mais un organe de communication, qui enregistre et traduit dans des petits textes les énoncés émanant des institutions ou de quelques dominants.
Gilles Berreau, le « chroniqueur judiciaire », a dévoilé, certainement à l’insu de son plein gré, dans son dernier article, ses qualités : il est un menteur et un manipulateur; il n’est pas un informateur, ni un délateur.
Menteur
Gilles Berreau écrit très exactement ceci le 20 juillet 2020 : « Un policier valaisan fait partie des quinze à vingt personnes interpellées dans le cadre d’une affaire de drogue en Valais, comme est en mesure de l’indiquer ce lundi le Nouvelliste, après avoir révélé l’affaire la semaine passée ». Or, Le Nouvelliste n’a rien révélé du tout, puisque le premier article paru à L’1Dex, « JUSTICE. LE GANG DES VALESKOVARS : BADABOUM (1) », est paru le 10 juillet 2020, soit six jours auparavant. Mais le scribouillard et le gratte-papier a préféré mentir plutôt que d’écrire la vérité; il eût fallu citer L’1Dex. Plutôt mourir. Il semblerait que même les lecteurs du Nouvelliste se sont aperçus de la supercherie.
Révélateur
Gilles Berreau mange régulièrement avec le procureur général Nicolas Dubuis. Un informateur fiable de L’1Dex indique même que les deux compères se retrouvent parfois à la Rue de Lausanne, où Gilles Berreau et Nicolas Dubuis, chuchotent, de crainte que leurs voix ne soient entendues. Dont acte.
Gilles Berreau, l’article lui-même le dit, a eu des contacts avec le commandant de la police cantonale. Rien d’extraordinaire, puisque Christian Varone, contrairement au ministère public, ne fait pas de différence entre les médias. Mais la chose est ici à signaler simplement pour dire que Berreau affirme à la fin de l’article que les informations qu’il révèle ne peuvent pas venir de ces deux personnes, puisque celles-ci sont muettes comme des carpes au sujet du ballet des Valeskovars. Dont acte.
Pourtant, Gilles Berreau, une fois n’est pas coutume, agit en qualité de révélateur, puisqu’il mentionne en début de matinée ce fait tonitruant selon lequel dans l’affaire dite du « Gang des Valeskovars » se trouverait un membre de la police cantonale, appartenant à la Brigade des Stupéfiants. Pas moins.
Le lecteur a ici deux choix possibles :
a) Gilles Berreau est un menteur;
b) Gilles Berreau est informé par un avocat.
La première hypothèse implique que Gilles Berreau, en parfait manipulateur journalistique, a effectivement reçu ces informations soit d’un magistrat, soit d’un policier, mais protège l’un ou l’autre en affirmant à la fin de l’article que le ministère public et la police se taisent.
La deuxième hypothèse implique que l’un des avocats, avec qui fraie Gilles Berreau, lui aurait balancé, entre deux verres de fendant, qu’un fonctionnaire de police serait dans le coup. Et hop, le journaliste est fier de son scoop d’un instant.