Episode 3 : La Peste brune

JUSTICE. LE GANG DES VALESKOVARS : LA PESTE BRUNE 

12 juillet 2020 Par Stéphane Riand

I   LA POLICE CANTONALE

A. DOMINICAINS, COLOMBIENS, PORTUGAIS ET SUISSES

Le 19 janvier 2018, la police cantonale a adressé aux médias valaisans ce communiqué, paru le même jour à L’1Dex :
« Début août 2017, la Police cantonale valaisanne a mis fin à un important trafic de cocaïne opéré principalement par des ressortissants Sud-américains.
L’enquête menée dès décembre 2016 par la section des stupéfiants de la Police cantonale, a permis l’arrestation de onze trafiquants de cocaïne sévissant dans la région sierroise. D’origine dominicaine, colombienne, portugaise et suisse, ceux-ci ont été dénoncés auprès du Ministère public du canton du Valais pour des ventes portant sur quelque 5 kilos de cet alcaloïde. Dans le cadre de cette procédure, quarante-cinq consommateurs ont également été entendus et fait l’objet de dénonciations.
Les investigations menées ont permis de démontrer que ces trafiquants opéraient en trois réseaux séparés et que chacun d’entre eux disposait de ses propres clients.
Le premier réseau, constitué de quatre Dominicains, a été mis en cause pour des ventes de cocaïne portant sur 1 kilo 135. L’enquête a permis d’identifier un second fournisseur portugais, lequel a été dénoncé pour la vente de 1 kilo 100. A terme, une troisième bande, composée de ressortissants colombiens a également été arrêtée. Ils seront déférés auprès du Ministère public valaisan pour avoir écoulé plus de 2 kilos 100 de cet alcaloïde.
Suite à ces investigations et dans le cadre d’une enquête parallèle, deux jeunes revendeurs, l’un portugais, l’autre suisse, ont été également écroués. Ceux-ci sont dénoncés pour la revente de 600 grammes de drogue.
L’enquête a révélé que des membres du réseau dominicain n’avaient pas hésité à utiliser la violence pour récolter l’argent auprès de certains clients qui tardaient à leur payer des livraisons de drogue remise à crédit.
A ce jour, six personnes se trouvent toujours en détention provisoire, une autre a été expulsée du territoire suisse. Le Ministère public est en charge de l’enquête. »

 

B. VALAISANS ET KOSOVARS

L’enquête sur le gang des Valeskovars ne date pas de hier.
Ces trafics et actes de blanchiments, divers et variés, révélés aujourd’hui, ne doivent étonner aucun membre de la police de sûreté, ni aucun magistrat du ministère public.
Or, en date du 11 juillet 2020, pour des raisons, dira-t-on, d’avancement de l’enquête, la police cantonale s’est tue. Après les arrestations intervenues, elle eût pu, sans la moindre difficulté, rédiger un communiqué mutatis mutandis équivalent à celui publié en janvier 2018. Elle a préféré choisir, à ce stade, le silence actif plutôt que la communication hâtive. 

Pourtant, il y a lieu de s’interroger.

II LES MEDIAS VALAISANS

Les médias valaisans, en parfaite osmose avec le pouvoir, se contentent d’absorber les informations transmises par la voie officielle. On comprend donc que l’on préfère l’absence de tout risque plutôt que de se retrouver à devoir réfléchir à la situation globale dans le champ de la criminalité économique.
Il ne faut pas se leurrer, il ne s’agit pas seulement d’un trafic de stupéfiants, mais d’un réseau de relations bien installées tendant à blanchir de l’argent correspondant à des bénéfices commerciaux que les entreprises concernées ne peuvent tout simplement pas générer par elles-mêmes.
Le plus incroyable réside peut-être dans le fait que certains « commerçants » n’hésitent pas à s’installer au coeur des villes, parfois même très proches de la police. Ce faisant, on dit directement aux Valaisans que la loi n’a pas à être suivie et que l’on peut en toute quiétude faire des affaires profitables pour quelques-uns soigneusement choisis. Si, dans l’intervalle, d’autres personnes ont perdu beaucoup d’argent, cela n’est pas grave, puisque les copains s’en sont mis plein les fouilles.
Ni les Valaisans, ni les Albanais, de souches, ne peuvent accepter d’être pris pour des pigeons, et que leur travail bénéfie à de fieffés coquins, d’ici ou d’ailleurs.
Ni le NF, ni Rhône FM, ni Canal9, tous subventionnés directement ou indirectement par des fonds publics, n’ont cherché à enquêter.
On a bien compris qu’il n’y a plus de quatrième pouvoir en Valais.
A l’exception d’ANTIPRESSE et de L’1Dex.

III  LA RUE

J’ai connu pas mal d’Albanais, de Kosovars, de Macédoniens, certains parfaitement intégrés, d’autres moins bien installés, quelques-uns en fuite, en déshérence ou cherchant seulement à survivre.
Je connais des jeunes Albanais, des jeunes Kossovars, des jeunes Macédoniens, parmi lesquels certains « viennent de la rue », c’est-à-dire connaissent les pratiques clandestines réelles bien mieux que nous autres Valaisans. Ils connaissent les jeux de semblant, les combines, les truquages qu’offre la vie, les tactiques pour ne pas mourir idiots ou celles qui leur permettront de faire vivre leur famille.
Mais ces gens-là, contrairement à un grand nombre de bourgeois condescendants, savent faire la différence entre un adolescent qui, un samedi soir, prend la voiture d’un copain et s’en va à Montreux ou à Evian jouer au casino et revenir la pédale sur l’accélérateur avant de se faire flasher à 157 km/heure sur l’autoroute, et un adulte trentenaire, qui roule à l’envers sur la même autoroute, à 260 km/ h, un enfant de quatre ans non attaché sur le siège passager, sirotant un cognac avant de sniffer de la coke. Il y a une différence fondamentale, à mes yeux, entre ces deux « criminels ». Et il n’est pas acceptable qu’une autorité, policière ou judiciaire, présente sur la route, se contente d’arrêter l’adolescent, de le mettre peut-être en prison, et de laisser passer le vrai criminel en le saluant avec un clin d’oeil et un mouvement du poignet dans l’espoir que celui-ci le reconnaîtra dans le rétroviseur.
Les gens de la rue savent faire la différence entre les grands criminels et les pauvres mecs qui ont dérapé. Ils ont acquis un flair presque infaillible pour distinguer leurs congénères et leur attribuer une note sur l’échelle de la dangerosité. 

IV  LE BLANCHIMENT DE L’INCOMPETENCE

Une question fondamentale se pose. Je l’ai posée sous toutes les formes depuis le 1er mai 2011, ici à L’1Dex : le ministère public est-il outillé en ressources humaines pour affronter le haut banditisme, la criminalité massive en col blanc et la perversité humaine visant à la haute voltige ?
Ma réponse est très clairement NON.
Et les vilains le savent parfaitement, eux qui, Albanais ou Valaisans, violent l’Etat de droit, rient de l’incurie des autorités pénales et des faiblesses de l’administration, et se réjouissent du développement constant de leurs petites affaire si lucratives.
Se contenter de prendre des voleurs à la tir ne suffit plus si l’on veut que la loi soit respectée par tous.

V  LES CHEMISES BRUNES

Des personnes très honorables qui me lisent régulièrement ne comprennent pas qu’après ma défense de la loi contre les criminels valaisans en cols blancs, je puisse prendre le risque de m’aventurer dans la rue.
« La critique argumentée est celle-ci :
Dangereux la thématique « étranger » retenue actuellement par L’1Dex sur de la criminalité commune (de droit commun). Cette criminalité a toujours été traitée à la différence de la criminalité de col blanc. Le choix de cette thématique détourne de la criminalité institutionnelle de col blanc commise par ceux détenant dans leurs mains les organes de justice cantonaux.
En 2012 Freysinger surfait sur la haine née des frustrations de l’oppression de cette oligarchie indigne par son affiche sur « Maria ». Or, cette haine se trompe de cible et détourne de l’origine des problèmes sans rien résoudre, tout en amenant la peste brune anti-démocratique et anti-sociale (totalitaire) dans nos institutions.
En termes politologique, vous essayez ici une alliance avec les chemises brunes contre le régime bourgeois. Ce remède est habituellement réputé être pire que le mal.
Taper des voyous de droit commun, parce que les criminels en col blanc sont trop résistants ? En mal de sujet journalistique ? Est-ce une errance, ou sera-t-il abouti à une chute narrative ? Le lecteur en perd « son latin ».
Si au final vous arrivez à retourner la haine envers le kosovar, en haine envers le criminel en vol blanc, bravo. Mais cela n’est pas gagné d’avance et, entre deux, vous aurez donné des graines à la chemise brune. »
Ce brave lecteur fait complètement fausse route, s’agissant de ma personne :

a) L’affiche « Maria » a été probablement la cause première de mon engagement contre la réélection de Oskar Freysinger. Les amis de celui-ci n’ont jamais supporté que j’apparaisse, par hasard, avec mon épouse, sur une photographie parue dans Le Temps, prise lors de la manifestation contre cette forme de communication politique.

b) L’affaire dite du gang des Valeskovars inclut de la criminalité économique, la démonstration du blanchiment d’argent nécessitant tout de même un brin de compréhension des mécanismes comptables et financiers, faisant défaut à plusieurs magistrats du parquet; de même, par exemple, les affaires du Verbiergate et du Cas Sembrancher incluent des délits économiques commis par des cols blancs. Mais, sans cols blancs, le gang des Valeskovars ne fonctionnerait pas à plein régime.

c) Ramener mes articles à une question de nationalités ou de religions, comme le font certains commentateurs, de droit et de gauche, est une hérésie. Je me place personnellement en face de la Loi et je lui demande simplement : que veux-tu pour que l’Etat de droit fonctionne et que des liens sociaux cohérents puissent s’installer dans la Cité ? Les situations décrites à L’1Dex ont ceci en commun que quelques-uns, Albanais ou Valaisans, cela m’indiffère, ont choisi délibérément, consciemment et agressivement des actions qui contreviennent massivement à la loi. Il sied alors que cette loi soit appliquée, tant pour les Valaisans que pour les Albanais. Et cette position est acceptée tant par mes amis du Valais que par ceux de l’Albanie ou du Kosovo.

d) Suggérer que je puisse abandonner les voyous d’ici pour me repaître de ceux de là-bas est une ânerie.

e) La haine ? Il faut la fuir. Dans toutes les hypothèses. Mais il faut rester aimanté à la loi et à l’éthique.

Selon mon contradicteur, ce débat serait inutile, il a, selon lui, déjà eu lieu dans les années 1930 pendant la Guerre d’Espagne.
Je crois au contraire que ce débat est encore et toujours nécessaire.

VI  L’INTEGRATION PAR LA LOI

La loi, la loi pénale aussi, doit être un facteur d’intégration. Sans un Etat de droit, il n’y a plus guère de possibilité d’intégration.
Et tous ceux, Valaisans ou Albanais, qui, sciemment, violent impunément la Loi, participent à la désintégration de la Cité.
Et tous ceux qui veulent pervertir la loi pour persévérer dans leurs pratiques immondes sont des assassins de la démocratie. S’ils détiennent une fonction publique, ils doivent être emprisonnés et non simplement amendés.

VII  LE CRIME EN COL BLANC

Abandonner les champs de la finance, de la comptabilité, de la promotion immobilière, à ceux qui ont abandonné depuis longtemps tout respect de la Loi et de l’Etat de droit est destructeur pour l’ensemble de la Cité.
Et cet abandon des terres nobles et vertueuses à ceux qui les aviliront a aussi pour effet d’encourager certains malfrats, d’ici et d’ailleurs, à développer leurs capacités et aptitudes à générer des profits monstrueux à travers leurs actes criminels commis très souvent derrière un bureau ou depuis des carnotzets ou des échoppes.
Bonjour à tous ceux qui ont choisi, devant cette plage de sable fin, de déterrer quelques fines particules de criminalités virales.
Leur travail n’est pas rien.