Christophe Darbellay

Enquête d'un citoyen

12 septembre 2016 LeMatin, L’ex-président du PDC a dû tout avouer.

 Il a trompé sa femme et un enfant est né de l’adultère mardi dernier. Et si les retombées politiques n’étaient pas si négatives?

Jusqu’ici, il ne boudait pas son plaisir à exposer sa vie privée. En 2008, il avait même invité la presse à son mariage et glissait à L’Hebdo avoir «énormément profité du jeu avec les médias». Mais, en ce moment, il y a fort à parier que Christophe Darbellay préférerait être ailleurs que sous les projecteurs.


Le candidat au Conseil d’Etat valaisan vient pourtant de faire une révélation fracassante dans SonntagsBlick. En décembre dernier, alors qu’il siégeait encore au Palais fédéral, il a commis une «grave erreur»: une aventure extraconjugale d’une nuit. L’histoire, plutôt banale, aurait facilement pu passer à la trappe. Mais un enfant issu de l’adultère a vu le jour mardi, dans un hôpital de Berne.

Le grand déballage

Confronté à la presse, Christophe Darbellay a choisi d’avouer et de s’excuser: «Je regrette profondément mon comportement et j’ai demandé pardon à mon épouse et à ma famille.» Durant la grossesse, l’ex-conseiller national de 45 ans a gardé le secret, pour finir par tout confesser à son épouse la semaine dernière. Injoignable hier, il a également dit à l’hebdomadaire avoir reconnu l’enfant, qu’il entretiendra financièrement.

Pour le sociologue Sami Coll, ce déballage de l’intimité est inhabituel chez les politiciens suisses. «En général, leur vie privée est assez préservée, il y a clairement une différence de culture par rapport à l’Amérique du Nord. Mais politiquement, je crois qu’il a probablement fait le bon choix. Dévoiler soi-même ses erreurs, c’est une façon de reprendre le contrôle.»

Et à six mois des élections au Conseil d’Etat valaisan, celui qui a fait du Parti démocrate-chrétien, qu’il a présidé durant dix ans, le «parti de la famille» devra rapidement récupérer la maîtrise de son image. Mais du côté du parti, peu d’inquiétude. «Cette situation privée ne remet pas en question ses compétences, son bilan et son engagement politiques, affirme Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand. Il devra certes regagner la confiance de certains électeurs, mais il n’y a aucune raison objective pour que cette situation l’empêche d’exercer la fonction de conseiller d’Etat.»

L’affaire sort alors que son épouse, Florence Carron Darbellay, s’engage elle aussi en politique. Elle briguera le siège de conseillère communale à Martigny-Combe à l’automne. Pour Sami Coll, pas sûr que cette affaire n’ait que des retombées négatives pour le couple: «Comme disait Andy Warhol, toute publicité est une bonne publicité. L’important, c’est de faire parler de soi.»